Une nouvelle maison. Une nouvelle adresse. Une nouvelle vie. L'horizon parait moins bouché. Colombe sourit. Elle ne le sait pas, elle ne se doute de rien, mais elle savoure une de ses dernières nuits de sommeil.

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La mort m'envahissait petit à petit comme la marée montante.
La nuit commençait à tomber et à mesure, son désespoir, et celui des milliers de gens enfermés avec elle, se mettait à grandir, comme une créature monstrueuse, hors de contrôle.
Les portes du camp s'ouvrirent et les femmes sortirent. La longue file se dirigeait à droite sur le chemin qui traversait le village et conduisait à la gare. Le visage de sa mère se tourna vers elle une dernière fois. Puis il disparut.
Elle se sentait tomber dans un puits sans fond. L'espoir de s'échapper était la seule chose qui lui permettait de s'accrocher à la vie, à cette vie nouvelle qui lui restait incompréhensible.
Je lorgnai ses jambes avec la lubricité du loup de Tex Avery.
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Dans la même œuvre

Se risquer, se faire peur, se faire plaisir, on y prend goût, et vite.
Sa vie entière, Colombe l'a distribuée aux autres comme une galette des Rois à l'Epiphanie. A présent, elle se garde une part, celle qui contient la fève. Est-ce de l'égoïsme que de se réserver un jardin secret ?
L'oeil des autres glisse sur elle. Rien ne l'accroche. Et elle ne fait rien pour le retenir.
Le tempérament de la cadette les occupe tant qu'ils en oublient les silences de l'aînée.
La nuit, Colombe a l'impression d'être la seule personne sur terre à ne pas perdre son temps à dormir, privilège auquel elle tient. Puis elle retourne se coucher dès que le jour se lève.