Une faute, qui se paie par une souffrance, pèse moins à la conscience délicate que celle qui paraît impunie; comme la clémence touche souvent plus profondément le coupable que le châtiment.

À lire aussi de Henri-Frédéric Amiel

La foi bornée a beaucoup plus d'énergie que la foi éclairée; le monde est à la volonté, bien plus qu'à la sagesse: il n'est donc pas sûr que la liberté triomphe du fanatisme.
Il faut avoir foi en la vérité, et se faire un devoir de montrer cette foi par l'action. Il faut chercher le vrai et le répandre. Il faut aimer les hommes et les servir, sans espoir de justice et de gratitude.
Les vilains caractères aiment à déprimer le prochain et s'en font un devoir, presque une vocation.
Je vois donc toujours la même loi: la libération croissante de l'individu, l'ascension de l'être vers la vie, vers le bonheur, vers la justice, vers la sagesse.
On devient charlatan sans le savoir, et comédien sans le vouloir.
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Dans la même œuvre

Le bonheur est forcément réciproque et ne se trouve guère qu'en se donnant.
Dans les livres, je ne trouve presque rien de neuf; mais je retrouve et c'est charmant.
Il en est du journal intime comme de la prière et de la vie intérieure: plus on le néglige, moins il est attrayant; moins on en use, moins on en peut user; plus on le pratique, plus on l'aime.
Parlez-moi de l'ignorance pour délier la langue, et de la sottise pour faciliter le jugement! On n'est jamais plus affirmatif que lorsqu'on a moins le droit de l'être; et si les riches d'esprit sont économes, les pauvres sont toujours prodigues.
La valeur sociale de chacun, c'est sa valeur utile. Demande-toi à qui et à quoi tu sers et vraisemblablement tu t'irriteras moins.