Tes enfants ont faim - \r\nFaim et ta case branlante est vide - \r\nVide de ta femme qui dort - \r\nQui dort sur la couche seigneuriale

À lire aussi de David Diop

Souffre pauvre nègre - \r\nle fouet siffle - \r\nSiffle sur ton dos de sueur et de sang - \r\nLe jour est long - \r\nSi long à porter l'ivoire blanc du Blanc, ton Maître - \r\nSouffre pauvre Nègre
Les jours seront de soie sur ses rires retrouvés - \r\nLes peuples chanteront les heures d'avenir - \r\nEt sur le seuil des cases - \r\nFraternellement coulera - \r\nLe vin de palme - \r\nDe la Résurrection - \r\nBelle comme un regard d'airain - \r\nLourde d'une étreinte cosmique - \r\nAu-delà des colères muettes - \r\nVoici que s'élève grave - \r\nLa flamme multicolore de la Liberté Nègre
Dans cent ans - \r\nDans mille ans - \r\nLes manguiers de Bouaflé - \r\nLes rôniers de Dimbokro - \r\nCeux de Yamoussokro - \r\nLes cocotiers de Grand-Bassam - \r\nTémoigneront au barreau de l'Humanité - \r\nDes crimes commis au nom de la liberté
Toi mon frère au visage de peur et d'angoisse - \r\nRelève-toi et crie : Non !
Hypocrisie donc que de parler de symbiose de civilisations, de profits réciproques dans une communauté dont les universités ignorent jusqu'aux noms de nos grands penseurs et passent sous silence l'histoire de nos empires. Seuls peuvent s'en accommoder les tenants d'un cosmopolitisme culturel habillé d'oripeaux exotiques
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Afrique mon Afrique… - \r\nJe ne t'ai jamais connue - \r\nMais mon regard est plein de ton sang - \r\nTon beau sang noir à travers les champs répandu - \r\nLe sang de ta sueur - \r\nLa sueur de ton travail - \r\nLe travail de l'esclavage - \r\nL'esclavage de tes enfants…
Comme je l'ai écrit, il est des cas où celui qui se prétend intellectuel ne doit plus se contenter de vœux pieux et de déclaration d'intention mais donner à ses écrits un prolongement concret.
Hypocrisie donc que de parler de symbiose de civilisations, de profits réciproques dans une communauté dont les universités ignorent jusqu'aux noms de nos grands penseurs et passent sous silence l'histoire de nos empires. Seuls peuvent s'en accommoder les tenants d'un cosmopolitisme culturel habillé d'oripeaux exotiques
Nègre colporteur de révolte - \r\nTu connais tous les chemins du monde ... - \r\nMais quand donc ô mon peuple - \r\nLes névés en flamme dispersant un orage\r\nD'oiseau de cendre - \r\nReconnaîtrai-je la révolte de tes mains ?
Pourtant je ne veux être que de votre race Ouvriers paysans de tous les pays...