En 1971, je signai le Manifeste des 343 pour l’avortement, aux côtés de femmes célèbres, symboles pour le monde de la beauté, de l’intelligence, de la culture françaises. Simone de Beauvoir m’avait dit, allant droit au fait comme à son habitude : « Gisèle, vous ne pouvez pas signer, comme avocate. Mais tâchez de nous récolter des noms, autour de vous.» Cette bataille méritait bien de se mener sur plusieurs fronts : changer la loi, s’expliquer devant l’ordre, en cas de poursuite. La peine de suspension, ou de radiation, me semblait faire partie, à ce moment, de la logique de notre histoire de femmes. Je signai, je crois, en avocate solitaire.
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Si vous posiez la question aux femmes directement concernées, entre 17 et 50 ans, la question de l'avortement, non pas êtes-vous pour ou contre l'assassinat d'un enfant ? mais êtes-vous pour ou contre le choix de vos maternités ?. En définitif, c'est êtes-vous pour ou contre le bonheur ?
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Au procès de Bobigny, je décidai de tout dire de l’action des femmes et de ma propre expérience. Je commençai par un aveu-provocation : j’ai avorté, j’ai commis ce délit.
Notre numéro de Sécurité sociale commence par le chiffre 2. Celui des hommes par le chiffre 1. Ce n’est évidemment pas un hasard. Nous restons reléguées au second rang, inessentielles derrière les essentiels.
Le rôle que Dieu nous attribuait me semblait bien falot. Et puis, pourquoi naître femme serait-il le mauvais lot de l'existence, une sorte de faute à payer, à racheter?
Une femme indépendante économiquement peut se réaliser dans des tas de domaines, y compris en amour d'ailleurs.
Dans la même œuvre
Je me bats pour le droit de la femme à choisir ses maternités.
Si je dois choisir, je choisirais mon combat. Celui de faire reconnaitre les femmes comme des êtres humains à part entière, comme vous Jacques Chancel.
Ce combat [ Choisir ses maternités ] me coupe des gens que j'aime le plus au monde : mes parents. Je n'ai jamais voulu les accabler, ni leur faire honte.