En 1971, je signai le Manifeste des 343 pour l’avortement, aux côtés de femmes célèbres, symboles pour le monde de la beauté, de l’intelligence, de la culture françaises. Simone de Beauvoir m’avait dit, allant droit au fait comme à son habitude : « Gisèle, vous ne pouvez pas signer, comme avocate. Mais tâchez de nous récolter des noms, autour de vous.» Cette bataille méritait bien de se mener sur plusieurs fronts : changer la loi, s’expliquer devant l’ordre, en cas de poursuite. La peine de suspension, ou de radiation, me semblait faire partie, à ce moment, de la logique de notre histoire de femmes. Je signai, je crois, en avocate solitaire.

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Quand on a ce minimum de philosophie qui est de savoir que la vie a un cours et une fin, on peut envisager la peur de la vieillesse. Moi, je vais avoir 84 ans. La seule crainte, si l'on est en bonne santé, est celle de la faiblesse intellectuelle.
Notre numéro de Sécurité sociale commence par le chiffre 2. Celui des hommes par le chiffre 1. Ce n’est évidemment pas un hasard. Nous restons reléguées au second rang, inessentielles derrière les essentiels.
Beaucoup de grands-parents d'aujourd'hui ne ressemblent pas à ceux d'autrefois. Ils se sentent jeunes encore. Même s'ils continuent à travailler, ce qui est mon cas, ils ont un peu plus de temps libre que lorsqu'ils élevaient leurs enfants, ils n'ont plus à construire leur carrière.
Organisez-vous, mobilisez-vous, soyez solidaires.
Passion. C'est dit, c'est écrit. Tout naturellement, le mot m'est venu pour décrire cet embrasement permanent, en chaud ou en froid. Qui se moque de la mesure, de la décence, des habitudes. Un sentiment assez puissant pour décider d'un nouvel ordre de nos existences.
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Ma dignité d’avocate ne saurait museler ma liberté de femme.
En 1971, je signai le Manifeste des 343 pour l’avortement, aux côtés de femmes célèbres, symboles pour le monde de la beauté, de l’intelligence, de la culture françaises. Catherine Deneuve, Delphine Seyrig, Françoise Fabian, comme Marguerite Duras, Françoise Sagan et, naturellement, Simone de Beauvoir n’hésitèrent pas à descendre dans l’arène pour la cause des femmes. Nous dénoncions le scandale de l’avortement clandestin, le scandale de la répression de classe, le scandale du silence.
Au procès de Bobigny, je décidai de tout dire de l’action des femmes et de ma propre expérience. Je commençai par un aveu-provocation : j’ai avorté, j’ai commis ce délit.
Les hommes sont comme les orangers. Il leur faut choisir ce qui les aide à vivre, ce qui les épanouit. Fillette, je ne le savais pas encore. Je n'aimais pas le lait et je détestait la contrainte. Mais je croyais juste de l'imposer à l'arbre qui m'était si cher.
La vie entre les gens, l'histoire entre les peuples sont faites de ces contradictions. Se font à travers ces contradictions.