On respire par les yeux! Nous l'avons tous expérimenté, à lire des livres non ponctués, où notre pauvre oeil haletant cherche un point, une virgule, le moindre bout de banc où s'asseoir.
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Si vous n'arrivez plus à force de le fréquenter, et de l'opacité que cela entraîne, à déterminer le caractère d'un homme, regardez ses amis. Nos amis sont nous.
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À lire aussi de Charles Dantzig
Le journaliste moyen qui vous pose une question n'écoute pas votre réponse: il écoute son préjugé.
La provocation provient du dépit et est un enfantillage. Quelle importance de choquer ceux que l'on méprise? Serait-ce qu'on ne les méprise pas tellement? Au fond, la provocation est une approbation.
Nous faisons les mots, puis nous nous faisons à eux.
On dirait que les moralistes ont envie que les gens soient malheureux, afin de donner respectivement raison à leurs sentences.
Dans la même œuvre
La France est devenu un pays de mauvaise grâce. Chacun peste dans son métier, dans ses occupations, contre les autres. Nous sommes devenus un peuple aigre qui mériterait qu'on le réduise en esclavage.
Tout ce qui est beau et bon est toujours calomnié. Les moralistes n'y suffiraient pas. Il s'y ajoute les qualités naturelles de l'homme, l'envie, la méchanceté, et la rage de souffrir.
J'aime bien les vieux joueurs de cartes, le soir, en vacances, sur la Méditerranée, leur stupidité distinguée.
Le tact est l'imagination de ce que peuvent ressentir les autres. Qu'il ressortisse à l'imagination explique qu'il soit si rare.
Jeune, en meute comme des chiots, on ne se quitte pas, on rit, on s'aime, on n'a pas besoin du dégoûtant espoir car on est l'espoir. La vie fracasse tout cela, créant des isolements. On se met à espérer.