Si mon enfance avait une couleur, ce serait le gris.

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Quand on est jeune, on ne sait pas qu'on est jeune, puisqu'on le vit. On use sa jeunesse, mais on ne la vit pas. Beaucoup plus tard, on sait ce qu'est la jeunesse, et on peut la vivre
Lorsqu'on fait la même chose toute sa vie, on s'use. Au bout d'une dizaine d'années, on est moins bon, on est las. Et si on n'arrête pas, on est foutu. J'ai toujours su arrêter en pleine gloire.
Je ne crois pas à l'inspiration. C'est complètement bidon. On a tout en nous : la campagne, la ville, la guerre, la mort, le meurtre, l'amour, l'éternité, toutes les grandes, moyennes et petites émotions. Quand on se réveille le matin, on est chargé de ces sentiments. Il suffit d'aller les chercher.
Je refuse de donner des conseils. Le conseil, c'est forcément un mensonge
J'ai toujours habité la campagne. Pour une raison très simple. Je travaille le jour ou la nuit. Je ne peux pas avoir de murs mitoyens avec quelqu'un que je vais empêcher de dormir ou qui va m'empêcher de travailler en mettant la télévision. Je suis condamné, bienheureux, à vivre loin des autres.
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L'écriture est quelque chose de mental. Tandis que jouer est une sensation essentiellement physique.
Les chansons que j'entends à la radio, j'essaie de les rejouer, maladroitement. D'abord à un doigt, puis à une main et enfin à deux; d'abord la mélodie puis les harmonies. Est-ce en décomposant que je suis devenu compositeur ?
C'est le propre d'un compositeur pour l'image : s'adapter à tous les langages cinématographiques. D'un film à l'autre, comme un comédien, je change de personnage et de costume