Œuvre

Interview Telérama en décembre 2018

J'ai toujours habité la campagne. Pour une raison très simple. Je travaille le jour ou la nuit. Je ne peux pas avoir de murs mitoyens avec quelqu'un que je vais empêcher de dormir ou qui va m'empêcher de travailler en mettant la télévision. Je suis condamné, bienheureux, à vivre loin des autres.
Je ne crois pas à l'inspiration. C'est complètement bidon. On a tout en nous : la campagne, la ville, la guerre, la mort, le meurtre, l'amour, l'éternité, toutes les grandes, moyennes et petites émotions. Quand on se réveille le matin, on est chargé de ces sentiments. Il suffit d'aller les chercher.
Lorsqu'on fait la même chose toute sa vie, on s'use. Au bout d'une dizaine d'années, on est moins bon, on est las. Et si on n'arrête pas, on est foutu. J'ai toujours su arrêter en pleine gloire.
Je refuse de donner des conseils. Le conseil, c'est forcément un mensonge : ce qui m'est arrivé à moi ne serait pas arrivé à quelqu'un d'autre.
Je refuse de donner des conseils. Le conseil, c'est forcément un mensonge
Je n'ai jamais eu le sentiment d'être un professeur, je n'ai jamais donné de leçon. Mais des leçons, j'en ai pris, avec plein de gens.
Je refuse de donner des conseils. Le conseil, c'est forcément un mensonge : ce qui m'est arrivé à moi ne serait pas arrivé à quelqu'un d'autre. Il faut travailler. Ça viendra ou ça viendra pas. Je ne vais pas dire : « Écrivez en mi bémol. » Je n'ai jamais eu le sentiment d'être un professeur, je n'ai jamais donné de leçon. Mais des leçons, j'en ai pris, avec plein de gens
J'ai besoin que le film vienne jusqu'à moi, me pénètre, et que tout à coup, naturellement, coulent de moi des partitions à l'infini.
En 1967, je prends ma famille sous le bras et je pars à Hollywood. J'ai rencontré des musiciens chaleureux qui ont tout fait pour moi, surtout Henry Mancini, qui m'a trouvé des films. Ils m'ont dit : « On veut que tu fasses partie de notre groupe. » C'est pas en France qu'on ferait ça, où on se cache de peur d'être volé par un collègue.