Seuls les faits montrés à la télé accédaient à la réalité. Tout le monde avait un poste en couleur. Les vieux l’allumaient le midi au début des émissions et s’endormaient le soir devant l’écran fixe de la mire. En hiver les gens pieux n’avaient qu’à regarder Le Jour du Seigneur pour avoir la messe à domicile. Les femmes à la maison repassaient en regardant le feuilleton sur la première chaîne ou Aujourd’hui madame sur la deuxième. Les mères tenaient les enfants tranquilles avec Les Visiteurs du mercredi et Le Monde merveilleux de Walt Disney.

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Femmes fragiles et vaporeuses, fées aux mains douces, petits souffles de la maison qui font naître silencieusement l'ordre et la beauté, femmes sans voix, soumises, j'ai beau chercher, je n'en vois pas beaucoup dans le paysage de mon enfance.
Je suis venue au monde parce que tu es morte et je t'ai remplacée.
C'est un caddie qui a dû voyager hors du parking, servir à déménager ou jouer aux autos tamponneuses, etc. C'est fou tout ce qu'on peut faire sans doute avec un caddie. Je ne comprends pas pourquoi on ne les emprunte pas plus, pour un euro c'est une affaire.
J'ai toujours eu envie d'écrire des livres dont il me soit ensuite impossible de parler, qui rendent le regard d'autrui insoutenable.
On finit par ne plus comparer sa vie à celle qu'on aurait voulue mais à celle des autres femmes. Jamais des autres hommes, quelle idée.
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La réélection de Mitterand nous rendait la tranquillité. Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite.
1968 était la première année du monde.
On sentait bien qu'avec la pilule la vie serait boulversée, tellement libre de son corps que c'en était effrayant. Aussi libre qu'un homme.
Il valait mieux vivre sans rien attendre sous la gauche que s'énerver continuellement sous la droite.
Le silence était le fond des choses et le vélo mesurait la vitesse de la vie.