Si on écoute les femmes, le monde est rempli de djinns qui se glissent partout. Comme si les démons n'avaient pas mieux à faire... C'est rare, en réalité, très rare, qu'il y ait des rencontres entre eux et nous. Souvent, on vient me chercher et il n'y a pas de démon. Il faudrait juste prendre de l'aspirine ou arrêter l'alcool ou je ne sais pas. Mais les gens sont trop déçus lorsque je leur dis. Ils veulent à tout prix avoir des démons.
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À seize ans, chaque signe de vieillesse sur les autres est un pas vers la disparition.
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L'amour, ce n'est pas la fusion, la dissolution d'une âme dans une autre ou je ne sais quoi. C'est simplement un moyen de tromper nos solitudes. On demande à quelqu'un d'être le témoin de notre vie et on accepte en échange d'être témoin de la sienne. C'est comme les enfants qui font de la balançoire... La balançoire, c'est toujours plus drôle quand quelqu'un voit à quel point on monte haut. Peut-être même que ce n'est drôle que si quelqu'un nous regarde nous amuser. La vie, c'est pareil.
Une ancienne tradition kabyle veut que l’on ne compte jamais la générosité de Dieu. On ne compte pas les hommes présents à une assemblée. On ne compte pas les oeufs de la couvée. On ne compte pas les grains que l’on abrite dans la grande jarre de terre. Dans certains replis de la montagne , on interdit tout à fait de prononcer des nombres. (…) Les roumis ne comprennent pas que compter, c’est limiter le futur, c’est cracher au visage de Dieu.
La chance brise les pierres, dit-on parfois là-haut, sur la montagne.
Il lui paraît également évident que Hamid n'aura de choix dans la vie que s'il a reçu une éducation. C'est pour lui la seule arme dont dispose un fils de paysan.
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Elle pensait que chaque être et chaque action étaient une note de violon dans la grande symphonie de l'existence.
Imre acheta sa première bouteille de palinka à l'abricot le 7 juin 2000. Il pensa aux jours de crise du grand-père. A sa promesse d'enfant de ne jamais boire. Il la vida dans la nuit et fut malade.
Et Pal comprit que si l'année 1856 avait été si longue et si terrible, c'était parce qu'elle avait duré jusqu'en 1961.
Dans le silence, tout se dérègle. Le temps ne finit plus jamais.
J'ai l'impression que je pourrais pleurer toujours. Quand j'essaie de repenser à ma vie, je suis incapable de déterminer si j'étais heureux ou malheureux. Tout ce que je vois c'est que les années ont passé et que les années passées sont des années mortes. Ça me donne envie de pleurer, cette mort partout dès que je veux me souvenir de quelque chose.