Sans amour, non seulement la vie des personnes est plus pauvre, mais aussi celle des villes.

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Nous ne savons rien des gens, pas même de ceux avec lesquels nous partageons tout.
Elles avaient l'air d'avoir respiré un autre air, d'avoir mangé des aliments différents, de s'être habillées sur une autre planète et d'avoir appris à marcher sur des souffles de vent.
Tu vois ? Dans les contes on fait comme on veut, dans la réalité on fait comme on peut.
Ma mère voyait toujours le mal là où, à mon plus grand agacement, on découvrait tôt ou tard que le mal, en effet, se trouvait, et son regard tordu semblait fait tout exprès pour deviner les mouvements secrets du quartier
Des mots : avec des mots on fait et on défait comme on veut.
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Il n'existe aucun geste, aucune parole ni soupir qui ne contienne la somme de tous les crimes qu'ont commis et continuent à commettre les êtres humains.
Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.
C'était une vieille crainte, une crainte qui ne m'était jamais passée : la peur qu'en ratant des fragments de sa vie, la mienne ne perde en intensité et en importance.
Les grandes personnes, en attente du lendemain, évoluent dans un présent derrière lequel il y a hier, avant-hier ou tout au plus la semaine passée : elles ne veulent pas penser au reste. Les petits ne savent pas ce que cela veut dire «hier», «avant-hier», ni même «demain», pour eux tout est ici et maintenant : ici c'est cette rue, cette porte, ces escaliers, ici c'est cette maman et ce papa, ce jour et cette nuit.
Bien sûr, j'aurais aimé avoir les manières courtoises que prêchaient la maîtresse et le curé, mais je sentais qu'elles n'étaient pas adaptées à notre quartier, même pour les filles.