Non, je ne suis pas américain; je suis l'un des 22 millions de Noirs qui sont victimes de l'américanisme.
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S'il n'est pas besoin de sénateurs, de députés, de proclamations présidentielles pour donner la liberté à l'homme blanc, il n'est pas non plus besoin de législation, de proclamation, de décisions de la Cour Suprême, pour donner la liberté, aux noirs. Il faut que vous le fassiez savoir à l'homme blanc : si ce pays est une terre de liberté, qu'il le soit, et s'il n'est pas une terre de liberté, transformez-le.
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Les peuples à peau sombre s'éveillent. Ils perdent toute crainte de l'homme blanc. Actuellement, ce dernier n'est vainqueur dans aucun des points où il combat. Partout où il se bat, il lutte contre des hommes dont le teint est pareil au vôtre et au mien. Et ces hommes le battent. Il ne peut plus gagner. Il a remporté sa dernière victoire.
La question posée ce soir ; à ce que je comprends, c'est “la révolte noire et ce qui en résultera” ou encore “qu'y aura-t-il ensuite ?” Si j'en crois mon petit jugement, cette question pose celle du choix entre le bulletin de vote et le fusil.
Que vous ayez fréquenté l'école ou que vous soyez analphabète, que vous viviez sur le boulevard ou sur la ruelle, vous prendrez des coups tout comme moi. Nous sommes tous dans le même bateau et nous allons tous recevoir les mêmes coups du même homme. Il se trouve précisément que cet homme est blanc. Tous nous avons subi, dans ce pays, l'oppression politique imposée par l'homme blanc, l'exploitation économique imposée par l'homme blanc et la dégradation sociale imposée par l'homme blanc.
Aussi ne suis-je pas ici pour vous parler en tant qu'Américain, en tant que patriote, en tant qu'adorateur ou porteur de drapeau – non, ce n'est pas mon genre. Je m'adresse à vous en tant que victime de ce système américain. Et je vois l'Amérique par les yeux de la victime. Ce n'est pas un rêve américain que je vois, mais un cauchemar américain
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Non, je ne suis pas américain; je suis l'un des 22 millions de Noirs qui sont victimes de l'américanisme.
La question posée ce soir ; à ce que je comprends, c'est “la révolte noire et ce qui en résultera” ou encore “qu'y aura-t-il ensuite ?” Si j'en crois mon petit jugement, cette question pose celle du choix entre le bulletin de vote et le fusil.
Que vous ayez fréquenté l'école ou que vous soyez analphabète, que vous viviez sur le boulevard ou sur la ruelle, vous prendrez des coups tout comme moi. Nous sommes tous dans le même bateau et nous allons tous recevoir les mêmes coups du même homme. Il se trouve précisément que cet homme est blanc. Tous nous avons subi, dans ce pays, l'oppression politique imposée par l'homme blanc, l'exploitation économique imposée par l'homme blanc et la dégradation sociale imposée par l'homme blanc.
Et si l'homme blanc ne veut pas que nous soyons ses ennemis, qu'il cesse de nous opprimer, de nous exploiter et de nous dégrader. Que nous soyons chrétiens, musulmans, nationalistes, agnostiques ou athées, nous devons d'abord apprendre à oublier ce qui nous sépare. Si nous avons des divergences, discutons-les en privé ; mais lorsque nous descendons dans la rue, qu'il n'y ait pas de sujet de controverse entre nous tant que nous n'aurons pas fini de discuter avec cet homme.
Si nous ne faisons pas quelque chose très bientôt, je pense que vous admettrez tous que nous allons être contraints de recourir soit au bulletin de vote soit au fusil. En 1964, ce sera soit l'un soit l'autre. Ce n'est pas que le temps passe – c'est que le temps a passé ! 1964 risque d'être l'année la plus explosive que l'Amérique ait jamais connue. L'année la plus explosive.