Que vous ayez fréquenté l'école ou que vous soyez analphabète, que vous viviez sur le boulevard ou sur la ruelle, vous prendrez des coups tout comme moi. Nous sommes tous dans le même bateau et nous allons tous recevoir les mêmes coups du même homme. Il se trouve précisément que cet homme est blanc. Tous nous avons subi, dans ce pays, l'oppression politique imposée par l'homme blanc, l'exploitation économique imposée par l'homme blanc et la dégradation sociale imposée par l'homme blanc.

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S'il n'est pas besoin de sénateurs, de députés, de proclamations présidentielles pour donner la liberté à l'homme blanc, il n'est pas non plus besoin de législation, de proclamation, de décisions de la Cour Suprême, pour donner la liberté, aux noirs. Il faut que vous le fassiez savoir à l'homme blanc : si ce pays est une terre de liberté, qu'il le soit, et s'il n'est pas une terre de liberté, transformez-le.
Le Texas est un État où règne la Loi de Lynch. On y respire exactement le même air que dans le Mississipi ; la seule différence, c'est que, dans le Texas, on vous lynche avec l'accent du Texas, et que, dans le Mississipi, on vous lynche avec l'accent du Mississipi.
Nous ne sommes pas même aussi avancés qu'en 1954. Nous sommes en recul par rapport à 1954. La ségrégation est plus considérable aujourd'hui qu'en 1954. Il y a davantage d'animosité raciale, davantage de haine raciale, davantage de violence raciale aujourd'hui, en 1964, qu'en 1954. Où est le progrès ?
Non, je ne suis pas américain; je suis l'un des 22 millions de Noirs qui sont victimes de l'américanisme.
Non, je ne suis pas américain. Je suis l'un des 22 millions de noirs qui sont victimes de l'américanisme. L'un des 22 millions de noirs qui sont victimes d'une démocratie qui n'est rien d'autre qu'une hypocrisie déguisée.
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Non, je ne suis pas américain; je suis l'un des 22 millions de Noirs qui sont victimes de l'américanisme.
La question posée ce soir ; à ce que je comprends, c'est “la révolte noire et ce qui en résultera” ou encore “qu'y aura-t-il ensuite ?” Si j'en crois mon petit jugement, cette question pose celle du choix entre le bulletin de vote et le fusil.
Et si l'homme blanc ne veut pas que nous soyons ses ennemis, qu'il cesse de nous opprimer, de nous exploiter et de nous dégrader. Que nous soyons chrétiens, musulmans, nationalistes, agnostiques ou athées, nous devons d'abord apprendre à oublier ce qui nous sépare. Si nous avons des divergences, discutons-les en privé ; mais lorsque nous descendons dans la rue, qu'il n'y ait pas de sujet de controverse entre nous tant que nous n'aurons pas fini de discuter avec cet homme.
Si nous ne faisons pas quelque chose très bientôt, je pense que vous admettrez tous que nous allons être contraints de recourir soit au bulletin de vote soit au fusil. En 1964, ce sera soit l'un soit l'autre. Ce n'est pas que le temps passe – c'est que le temps a passé ! 1964 risque d'être l'année la plus explosive que l'Amérique ait jamais connue. L'année la plus explosive.
Je ne suis pas politicien, ni même spécialisé en sciences politiques ; à vrai dire, je ne suis pas spécialisé dans l'étude de grand-chose. Je ne suis pas démocrate, je ne suis pas républicain et je ne me tiens pas même pour un Américain. Si nous étions Américains, vous et moi, il n'y aurait pas de problème. Ces Hongrois qui viennent de débarquer, ils sont déjà des Américains ; les Polonais sont déjà des Américains ; les émigrants italiens sont déjà des Américains. Tout ce qui est venu d'Europe, tout ce qui a les yeux bleus, est déjà américain – Et depuis le temps que nous sommes dans ce pays, vous et moi, nous ne sommes pas encore des Américains.