Robespierristes, anti-robespierristes, nous vous crions grâce : par pitié, dites-nous simplement quel fut Robespierre. Encore si le jugement ne faisait que suivre l'explication le lecteur en serait quitte pour sauter la page. Par malheur à force de juger, on finit presque fatalement par perdre jusqu'au goût d'expliquer.

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Le démon des origines est l'avatar de cet autre satanique ennemi de la véritable histoire: la manie du jugement.
Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération.
La mission d'un livre n'est jamais mieux remplie que le jour où les conclusions en sont contestées.
C'est, plus que jamais, le mot de Pascal : « tout le monde fait le dieu en jugeant : cela est bon ou mauvais ». On oublie qu'un jugement de valeur n'a de raison d'être que comme la préparation d'un acte et de sens seulement par rapport à un système de références morales, délibérément acceptées. Dans la vie quotidienne, les besoins de la conduite nous imposent cet étiquetage, ordinairement assez sommaire. Là où nous ne pouvons plus rien, là où les idéaux communément reçus diffèrent profondément des nôtres, il n'est plus qu'un embarras.
Mais l'historien n'a rien d'un homme libre. Du passé, il sait seulement ce que ce passé même veut bien lui confier. En outre, lorsque la matière qu'il s'efforce d'embrasser est trop vaste pour lui permettre le dépouillement personnel de tous les témoignages, il se sent incessamment limité, dans son enquête, par l'état des recherches.
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Il est des contradictions qui ressemblent fort à des évasions. Passe-t-on des individus à la société ?
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