Satanique ennemi de la véritable histoire : la manie du jugement.

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La mission d'un livre n'est jamais mieux remplie que le jour où les conclusions en sont contestées.
Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite.
Le démon des origines est l'avatar de cet autre satanique ennemi de la véritable histoire: la manie du jugement.
Il est des contradictions qui ressemblent fort à des évasions. Passe-t-on des individus à la société ?
« De la Terre », écrivait Platon, « nous n'habitons que cette partie qui s'étend depuis le Phase jusqu'aux Colonnes d'Hercule, répandus autour de la mer comme des fourmis ou des grenouilles autour d'un étang. »
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Le démon des origines est l'avatar de cet autre satanique ennemi de la véritable histoire: la manie du jugement.
Il est des contradictions qui ressemblent fort à des évasions. Passe-t-on des individus à la société ?
Robespierristes, anti-robespierristes, nous vous crions grâce : par pitié, dites-nous simplement quel fut Robespierre. Encore si le jugement ne faisait que suivre l'explication le lecteur en serait quitte pour sauter la page. Par malheur à force de juger, on finit presque fatalement par perdre jusqu'au goût d'expliquer.
C'est, plus que jamais, le mot de Pascal : « tout le monde fait le dieu en jugeant : cela est bon ou mauvais ». On oublie qu'un jugement de valeur n'a de raison d'être que comme la préparation d'un acte et de sens seulement par rapport à un système de références morales, délibérément acceptées. Dans la vie quotidienne, les besoins de la conduite nous imposent cet étiquetage, ordinairement assez sommaire. Là où nous ne pouvons plus rien, là où les idéaux communément reçus diffèrent profondément des nôtres, il n'est plus qu'un embarras.