Regardez les êtres comme des innocents : ils bénéficieront de têtes d’ingénus et de bouilles de martyrs. Scrutez-les comme des coupables : leurs visages arboreront une mine patibulaire franchement antipathique. Parfois, lors d’un même procès, des individus changent de statut. On les examine d’abord comme des coupables, parce qu’ils ont le physique de l’emploi, puis on les voit comme des innocents.

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Il y a plusieurs manières de défendre la vie de nos enfants. En assurant la sécurité publique, oui ! En punissant ceux qui les agressent, ceux qui les tuent, oui encore, quand des juges sans colère ni vengeresse précipitation les auront estimés coupables. Mais défendre ceux que l’on aime c’est aussi, c’est surtout, leur construire un monde où la justice l’emporte sur la violence, le courage sur la lâcheté, la politique sur la démagogie.
En réalité, plusieurs formes de justice coexistent. Celle que l’on rend dans l’enceinte judiciaire, avec ses règles et ses procédures. Et celle qui s’exerce au café du commerce, entre chien et loup, dans l’odeur du café et de l’anisette...
Je peux défendre un révisionniste mais je ne défendrais jamais le révisionnisme.
J'ai davantage confiance dans la cuisine de mon pays que dans sa politique.
La justice est l’émanation du pouvoir des souverains [...]. Je respecte les institutions mais je ne veux pas qu’on me fasse chier.
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ll est curieux de constater que dans chaque palais de justice, on identifie parfaitement les juges compétents et par voie de conséquence les incompétents, les travailleurs et les fainéants, les gens honnêtes intellectuellement et les malhonnêtes, mais cette gestion hallucinante du corps, cet entre-soi maladif fait qu’un bon juge est un juge qui rend beaucoup de décisions. Parce que la statistique taraude la hiérarchie.
Je plaide fréquemment que juger est une gageure, qu’avant d’espérer bien juger, il faut souhaiter juger le moins mal possible. Cette humilité-là, on l’a naturellement en tant qu’avocat, parce qu’on porte en soi cette culture du doute et que l’on tend la main pour recevoir. Mais lorsqu’on est le magistrat qui donne ou ne donne pas, on n’est évidemment pas dans la même posture. On est campé dans la position de celui qui tient les rênes, qui tranche, et ce pouvoir, on peut être porté à en abuser sauf à avoir infiniment de recul et de méfiance envers ses propres a priori.
Il vaut mieux cent coupables en liberté qu’un seul innocent en prison : Voltaire, au sujet du procès Calas, avait déjà exprimé cette idée. Mais tout le monde ne voit pas les choses de la même façon.
Lorsqu’un homme est acquitté, cela ne signifie pas nécessairement qu’il est innocent. Cela indique simplement que la justice – l’autorité de poursuite – n’est pas parvenue à apporter la preuve de sa culpabilité.
En réalité, plusieurs formes de justice coexistent. Celle que l’on rend dans l’enceinte judiciaire, avec ses règles et ses procédures. Et celle qui s’exerce au café du commerce, entre chien et loup, dans l’odeur du café et de l’anisette...