Œuvre

Vie de Beethoven (1903)

De telles passions dévastent l'âme; et quand l'âme est déjà affaiblie par la maladie, comme l'était celle de Beethoven, elles risquent de la ruiner.
Il fut tout près de mettre fin à sa vie. Seul son inflexible sentiment moral l'arrêta.
Il semble que dans sa communion de tous les instants avec la nature, il ait fini par s'en assimiler les énergies profondes.
Il n'est d'illimité en art que le flou, le vague, le confus.
Il faut du temps à l'âme pour s'accoutumer à la douleur. Elle a un tel besoin de la joie que, quand elle ne la possède pas, il faut qu'elle la crée.
La vie est dure. Elle est un combat de chaque jour pour ceux qui ne se résignent pas à la médiocrité de l'âme, et un triste combat le plus souvent, sans grandeur.
Le monde meurt d'asphyxie dans son égoïsme prudent et vil. Le monde étouffe. - Rouvrons les fenêtres. Faisons rentrer l'air libre. Respirons le souffle des héros.
L'air est lourd autour de nous. La vieille Europe s'engourdit dans une atmosphère pesante et viciée. Un matérialisme sans grandeur pèse sur la pensée, et entrave l'action des gouvernements et des individus.
Peu nous importe le succès. Il s'agit d'être grand, et non de le paraître.