Œuvre
Veronika décide de mourir (1998)
L'être humain ne s'offre le luxe d'être fou que lorsque les conditions sont favorables.
Un suicide exige que l'on songe d'abord à soi, ensuite aux autres.
L'amitié exige une longue fréquentation.
Les Indiens pensent que l'assassin est coupable, et non la société, ou ses parents, ou ses ancêtres.
Soyez fous, mais comportez-vous comme des gens normaux. Courez le risque d'être différents, mais apprenez à le faire sans attirer l'attention.
Sois comme la source qui déborde, et non comme l'étang qui contient toujours la même eau.
La normalité n'est qu'une question de consensus. Autrement dit, si la plupart des gens pensent qu'une chose est juste, elle devient juste.
Le présent est toujours très bref, même si certains croient posséder un passé ou ils ont accumulé des choses, et un avenir ou ils accumuleront plus encore.
Elle savait que le véritable amour se modifie avec le temps, grandit, et découvre de nouvelles manières de s'exprimer.
Adolescente, elle pensait qu'il était trop tôt pour choisir jeune fille, elle s'était persuadée qu'il était trop tard pour changer.
La jeunesse est ainsi, elle établit ses propres limites sans demander si le corps supporte. Mais le corps supporte toujours...
Si un jour je pouvais sortir d'ici, je me permettrais d'être folle parce que tout le monde l'est. Les pires sont ceux qui ne savent pas qu'ils le sont, parce qu'ils ne font que répéter ce que les autres leur ordonnent.
Attenter à sa vie était le propre de l'être humain.
Elle avait compris que les lois n'avaient pas été conçues pour résoudre les problèmes, mais pour prolonger indéfiniment des querelles.
Maintenant réponds-moi : tu ne trouves pas qu'essayer de comprendre la vie est un problème réel ?
La seule réalité que recouvre une idée : bonne ou mauvaise, elle n'existe que lorsqu'on essaie de la mettre en pratique.
On nous considérera toujours comme un couple heureux, et personne ne saura ce qu'il y a de solitude, d'amertume, de renoncement derrière cette apparence de bonheur.
On est libre de vivre ou de mourir mais on n'a pas le droit de survivre et de faire semblant.
Les fous croient toujours que leur première impression est la bonne.
Faire ses adieux. C'était le plus difficile : une fois dans un asile, on s'accoutume à la liberté que procure l'univers de la folie, et on finit par prendre de mauvaises habitudes.
Les femmes, quand elles se tuent, choisissent des méthodes bien plus romantiques - elles s'ouvrent les veines ou absorbent une dose excessive de somnifères.
Ah ! Si chacun pouvait reconnaître sa propre folie intérieure et vivre avec ! Le monde irait-il plus mal ? Non, les gens seraient plus justes et plus heureux.
Cependant à chaque fois que la lune apparaîtra, quelqu'un sera prêt à jouer des sonates, surtout dans un asile où tout le monde est lunatique.
Ce que l'on raconte aux gens ne leur apprend jamais rien, ils doivent le découvrir par eux-mêmes.