Œuvre

Une saison en enfer (1873), Délires II

La morale est la faiblesse de la cervelle.
J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.
Je sais aujourd'hui saluer la beauté.
Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens.
La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe.
La morale est la faiblesse de la cervelle. Acquise sans aucune reflexion, elle s'imprime en nous à nos dépens. Elle est un danger si elle n'est attuénuée par la pensée raisonnable.