Œuvre
Tartarin de Tarascon (1872)
En France tout le monde est un peu de Tarascon.
L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire... Son mensonge à lui, ce n'est pas du mensonge, c'est une espèce de mirage...
Où serait le mérite, si les héros n'avaient jamais peur?
Du dehors, la maison n'avait l'air de rien.
Ce qu'on appelle eau bouillie, à Tarascon, c'est quelques tranches de pain noyées dans de l'eau chaude, avec une gousse d'ail, un peu de thym, un brin de laurier.
Tartarin donna deux cents francs; l'âne en valait bien dix. C'est le prix courant des bourriquots sur les marchés arabes.
Les crânes bouillaient sous le soleil à faire sauter tous leurs couvercles.
Avec cette rage d'aventures, ce besoin d'émotions fortes, cette folie de voyages, de courses, de diables au vert, comment diantre se trouvait-il que Tartarin de Tarascon n'eût jamais quitté Tarascon?
Cette vie de petite ville lui pesait, l'étouffait. Le grand homme de Tarascon s'ennuyait à Tarascon.
A lui voir tant de prudence, n'allez pas croire au moins que Tartarin eût peur... Non! seulement il se gardait.
L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe.
Tartarin n'était pas un menteur. Comme tout homme du midi, il ne ment pas, il se trompe !