Œuvre

Sillages (1908), Chair des choses

Je possède, en mes doigts subtils, le sens du monde, - Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix, - L'harmonie et le songe et la douleur profonde - Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.
Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles, - Je partage leur vie intense en les touchant. - C'est alors que je sais ce qu'elles ont en elles - De noble, de très doux et de pareil au chant.