Œuvre

« Raymond Poulidor : Le Tour, c'est toute ma vie » sur valeursactuelles.com, 1er juillet 2016.

Le jour où je ne ferai plus le Tour, ce sera la fin.
Le Tour, c’est une fête, c’est quand même la troisième plus grande épreuve sportive de la planète après les jeux Olympiques et la Coupe du monde de football, mais qui, eux, ne sont organisés que tous les quatre ans. Alors que le Tour c’est chaque année depuis 1903, c’est du jamais-vu !
De Gaulle avait dit : « Il n’y a qu’une guerre pour arrêter le Tour. ». Le Tour, c’est notre patrimoine. Même les néophytes s’y intéressent, même les gens qui n’ont jamais fait de vélo, que ce soit pour la course ou les reportages merveilleux sur nos paysages, nos villages qui accompagnent les retransmissions.
Le Tour, c’est notre patrimoine. Même les néophytes s’y intéressent, même les gens qui n’ont jamais fait de vélo, que ce soit pour la course ou les reportages merveilleux sur nos paysages, nos villages qui accompagnent les retransmissions.
Ce sont les parents, ou même les grands-parents, qui parlent de moi, de ce coureur qui n’a jamais gagné le Tour, qui a toujours fini deuxième, alors ça marque, cette histoire d’éternel second, les gens veulent le voir, ce Poulidor.
La technologie a pris le pas sur l’humain. Il n’y a pratiquement plus d’initiative qui ne vienne pas du directeur sportif dans sa voiture, comme si c’était lui qui ressentait ce qu’il fallait faire, qui connaissait les jambes de ses coureurs et ceux de leurs adversaires ! Avant, c’est le coureur qui jugeait tout ça…
Jamais la France n’a connu une génération aussi riche, aussi capable de gagner, qu’il s’agisse des classiques, des grands tours ou des étapes au sprint. Ils sont en pleine maturité, physique, mentale, ils font complètement jeu égal avec les plus grands : tous les espoirs sont permis !