Œuvre
Poésies (1870-1871), le Dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière, - Accrochant follement aux herbes des haillons - D'argent; où le soleil, de la montagne fière, - Luit; c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, - Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, - Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, - Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine; - Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine - Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
C'est un trou de verdure où chante une rivière - Accrochant follement aux herbes des haillons - D'argent; où le soleil, de la montagne fière, - Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.