Un fléau bien difficile à chasser, c'est cette immoralité épidémique dont des peuples entiers semblent frappés dans certains tems malheureux, et qui ronge tous les liens de l'ordre social.
Œuvre
Pensées et Maximes
Nulle autorité ne peut arrêter le cours de la justice réglée: toute infraction aux droits des tribunaux est une infraction à la liberté des citoyens.
L'abus d'autorité est le plus grand des délits, puisqu'il intéresse tout un peuple.
La vérité est quelquefois complice de la calomnie.
Quand les principes du gouvernement sont détruits, les vertus personnelles d'un prince ne peuvent garantir l'état d'une subversion totale, que pour le temps de son règne.
La vertu agit et la calomnie l'épie , et attend l'événement: s'il est malheureux , elle empoisonne jusqu'aux intentions de l'objet de sa haine.
Les débats entre la puissance temporelle et la puissance spirituelle, finissent par une guerre à mort.
Il n'y a de bonnes lois que dans les lois simples.
Souvent l'obligé oublie un bienfait, parce que le bienfaiteur s'en souvient.
A qui du brigand qu'on exécute, ou de la société qu'on en délivre, rend-on le plus grand service?
Dit collège on passe à la cour avec de grandes prétentions: quelle morale a-t-on? la politesse. Quel but? la fortune. Quels moyens? l'intrigue.
Le spectacle le plus flatteur pour un grand prince, et le plus attendrissant pour une belle ame, est celui des acclamations libres et sincères de toute une nation.
La vérité est donc bien redoutable, puisqu'on fait tant d'efforts pour l'empêcher de parvenir au trône.
La vieillesse des lois est sacrée , comme celle des hommes est vénérable.
Le sentiment persuade mieux que la raison: celle-ci trouve des juges? l'autre se fait des complices.
Les intérêts bien entendus de la nation et du souverain sont les mêmes.
L'esprit devient subtil quand l'âme est petite.
Quand on voit des fanatiques, on peut prévoir qu'il y aura des sacrilèges.
La pensée du génie est la propriété du genre humain.
Que reste-t-il au traître démasqué, quand celui même qui le payait craint de se déshonorer en lui donnant un asile?
J'ai entendu raisonner le crime! N'était-ce pas le consacrer?
Un gouvernement ne peut jamais être intéressé à persister dans une démarche injuste.
J'ai lu un mémoire très mensonger, appuyé cependant sur des faits authentiques: ils étaient tous à la charge d'un parti qui n'avait pas tort.
Un homme qui n'a que de la mémoire est comme celui qui possède une palette et des couleurs mais pour cela il n'est pas peintre.
La haine se condamne à louer, pour acquérir le droit de déchirer.