En morale , il est plus aisé de donner le mouvement que de le régler.
Œuvre
Pensées et Maximes
La puissance divine est l'origine de toutes les puissances légitimes mais le plus grand bonheur des peuples en est toujours l'objet et la fin.
C'est faire une épreuve dangereuse d'un pouvoir nouveau, que de s'en servir pour offenser.
Un grand est bien mal avisé de monter sur des échasses.
Quand les délateurs sont récompensés, on ne manque plus de coupables.
L'orgueil s'avise aussi d'être modeste: le calcul est adroit, mais il ne trompe pas long-tems.
Suffit-il pour ne pas mentir, de dire vrai? Non: il faut dire tout le vrai.
L'autorité arbitraire n'est jamais plus active et plus dangereuse , qu'alors qu'elle devient un instrument de vengeance contre un particulier.
L'avenir est le meilleur des conseillers: les fous le dédaignent.
On devrait s'étonner devoir un despote envier aux hommes le peu de liberté que leur laisse l'espoir de ses faveurs.
La religion serait un bien, ne fît-elle que nous ouvrir les portes de l'avenir.
Souvent on se donne bien de la peine pour n'être en définitif que ridicule.
L'homme de bien voit l'envie, s'attend à l'ingratitude, et suit sa conscience et son coeur.
Une erreur, source de toutes les erreurs, et qui semble commune à tous les hommes, c'est de juger le mot au lieu de la chose: ce qu'ils on condamné sous une dénomination , ils l'approuvent sous une autre.
Sans l'innocence, la santé et l'indépendance, la gaîté ne saurait exister.
Il semble que l'esprit humain ne peut contenir qu'un certain nombre de vérités, mais qu'il a toujours une place pour l'erreur.
Ah si les honnêtes gens pouvaient un jour se liguer!... mais ils craindraient par-là de cesser d'être honnêtes.
Les plus grandes vérités sont ordinairement les plus simples.
Une maxime nouvelle n'est souvent qu'une brillante erreur.
On ferait beaucoup plus de choses , si l'on en croyait moins d'impossibles.
L'intérêt personnel fait déguiser la vérité aux rois: l'esprit de parti fait qu'on se la dissimule à soi-même.
Sans l'espoir de sauver des innocents, qui voudrait se soumettre à la nécessité de punir des coupables?
Dès qu'un prince a dit: ma volonté sera l'unique loi de mon empire, ce prince ne compte plus que des ennemis.
Malheur au roi qui contraint son peuple à discuter les principes de l'autorité et de l'obéissance!
Le courage est une offense, le respect un aveu de servitude aux yeux des grands.