Si la mesure de l'amour est d'aimer sans mesure, comme le dit Bernard de Clairvaux, alors je n'ai pas su aller dans la démesure qui, seule, nous aurait réunis.
Les douleurs, les joies, s'inscrivent d'une étrange manière dans notre mémoire. On pense les avoir dépassées, on s'imagine qu'elles ne nous déchirent plus comme au début, mais il suffit d'une odeur, d'une chanson, pour y replonger.
Tout passe, tout est éphémère, les sublimes bonheurs comme les grands malheurs.
Un amour non vécu n'est pas un amour perdu. C'est un amour qui vous perd, qui vous possède plus que vous n'en êtes dépossédé.
Le passé existe-t-il par lui-même ou se perd-il dans les méandres de nos souvenirs pour ne plus être qu'une représentation personnelle, et qui disparaîtra avec nous ?
L'âme humaine est imprévisible. Elle se braque devant de menues contrariétés, demeure égale face aux grands gestes.