Œuvre

Ne lâche pas ma main (2013)

Sa religion personnelle, c'est qu'il n'existe qu'un seul lieu sur l'île où toutes les races se mélangent : la plage ! Tous à poil, tous égaux. Curieusement, plus les couleurs de peau s'exhibent et plus on les oublie.
C'est de là que naissent toutes les haines du monde, lieutenant, toutes les guerres, il nous faut trouver des coupables, toujours, à tous les malheurs de l'univers. Même quand il n'y en a pas, notre esprit les invente.
Quand le malheur vous touche, on refuse tous d'admettre qu'il n'y a aucun coupable à punir. Alors pour diminuer ses souffrances, on s'invente une vengeance.
Comment apprécier une taille de guêpe lorsque l'on a goûté au parfum d'une reine ? Imelda possède un corps de chocolat, double crème, à s'en empiffrer. Des formes qui débordent, floues, changeantes, un nuage de sensualité à pétrir de ses désirs
Proverbe réunionnais : les puces ne restent pas sur les chiens morts. les malheurs éloignent les amis.
La violence ne naît pas par hasard, il y a toujours un terrain pour la faire pousser.
Comme s'il fallait vieillir pour apprécier le temps qui passe, s'imposer une semaine de régime pour mieux apprécier un bon repas. Se priver pour mériter le plaisir. Vieille morale judéo-chrétienne. Ou musulmane, ou bouddhiste.
Alors, lieutenant, dites-vous que personne n'est coupable. Que ce fut juste le hasard et que personne n'y pouvait rien changer. C'est de là que naissent toutes les haines du monde, lieutenant, toutes les guerres, il nous faut trouver des coupables, toujours, à tous les malheurs de l'univers. Même quand il n'y en a pas, notre esprit les invente. Ce n'est sans doute pas facile à admettre quand on est flic, cette idée que l'on a tellement besoin de coupables qu'on finit par les fabriquer.
Nous sommes responsables des poids que nous plaçons sur la balance.
Sa religion personnelle, c'est qu'il n'existe qu'un seul lieu sur l'île où toutes les races se mélangent : la plage ! Tous à poil, tous égaux. Curieusement, plus les couleurs de peau s'exhibent et plus on les oublie.
Curieusement, plus les couleurs de peau s'exhibent et plus on les oublie.
Ces peintres sont comme lui au fond, ils cherchent à attraper la lumière, les vagues, le mouvement. Mais pourquoi s'encombrer de toiles et de pinceaux ? Il suffit de s'asseoir là, devant la mer, et de regarder.
Il faut pourtant se rendre à l'évidence : la Réunion est une montagne qui a poussé dans l'océan. Presque toute la population se tasse au bord de la mer, et tous se déplacent en bagnole sur l'étroite bande à peu près plate entre l'océan et la base des volcans, tournent en rond, aussi libres que des protons dans un cyclotron. Un ralentisseur de particules, les Réunionnais testent le concept.
Il faut pourtant se rendre à l'évidence : la Réunion est une montagne qui a poussé dans l'océan.
Elle a toujours considéré que ces flics masquent leur incompétence en brassant de l'air, un peu comme ces profs incapables de faire cours qu'on colle à l'IUFM.
Ils coulent ensemble, leurs bouches se trouvent. L'océan ne peut rien contre eux, ils s'embrassent pour l'éternité, ils partagent leur oxygène, ils s'en asphyxieront sans plus jamais rien respirer d'autre. Ils mourront ainsi. De la plus belle des morts que deux amants aient pu rêver.
Tous mes sacrifices étaient supportables parce que notre couple était une oeuvre de longue haleine , dont on ne mesurerait la force et l'équilibre que des années plus tard . Une construction lente et patiente
Cette île est une terrasse posée sur le rebord du monde pour observer l'avenir du genre humain. À l'ombre, en tongs, un verre de punch à la main.
La fille chargée du RSA, au département, lui a demandé quel travail il cherchait, ses aptitudes, ses projets d'insertion, genre bilan de compétences. Il a expliqué qu'il savait parler aux vagues, les reconnaître, les apprivoiser pour ainsi dire. Il a aussi demandé sérieusement à la fille quel métier on pouvait faire avec ça. Un boulot dans la recherche peut-être ? Ou la culture ?