Œuvre

Monsieur du Paur, homme public (1898)

Apprends à te connaître: tu t'aimeras moins, et à connaître les autres: tu ne les aimeras plus.
Il y a des gens qui ont la susceptibilité de l'huître, on ne peut y toucher sans qu'ils se contractent.
La jalousie est une preuve de coeur, comme la goutte de jambes.
- Mais... mon cher ami! - - Là, là. Pas de gros mots.
Qui les veut faire durer, il faut couvrir son feu de cendres, et son amour de mystère.
Il importe en peinture, que le portrait ressemble au modèle, mais non pas le modèle au portrait.
Il vient un âge où le bonheur semble se retirer de la vie, comme ces lacs qu'un été trop long rétrécit entre leurs rives.
Quand tourne le vent on accuse les girouettes.
La démocratie ne régnera que le jour où mille culs-de-jatte persuaderont le reste des hommes de se couper les jambes. Car c'est au profit d'un petit nombre qu'elle tend, - d'un vilain petit nombre.
C'est encore adorer ses Dieux que de leur jeter des pierres.
Plutôt qu'une race et même qu'une nation, la France est une idée.
Les diseurs de maximes, non plus que les marchands de «spécialités», ne se soignent à leurs propres remèdes.
Les dictionnaires parlent d'un arbre qui s'appelle le muflier. Ce doit être une espèce très fructueuse.
Dans ta vie, il faut apprendre à compter; mais non pas sur les autres.
Les femmes et les montres ne sont jamais à l'heure qu'on voudrait.
Aimer son mari, c'est payer un fournisseur. - Aimer un amant, c'est donner aux pauvres.
Un ami est une traite dont on a oublié le chiffre et dont on ne sait pas l'échéance.
Une amitié acquise, c'est une servitude; perdue, c'est un deuil.
La condition de comprendre, ce n'est pas l'intelligence, c'est l'amour.
L'amour et la scarlatine sont plus dangereux à proportion qu'on a vieilli.
Découper un coeur dans une girouette: plus il est grand, moins il tourne.
C'est en mourant que l'amour et la fleur du prunier répandent leur plus douce odeur.
Découper un coeur dans une girouette: plus il est grand, moins elle tourne.
Si un peuple a les seuls gouvernements qu'il mérite, quand mériterons-nous de n'en avoir pas ?
Il faudrait considérer ses opinions comme des costumes, et en changer selon la saison, l'heure et le milieu.