Œuvre

Mélange (1939)

Deux hommes se disputaient. Les épithètes s'échangeaient si vivement et promptement que l'on ne savait plus qui donnait, qui recevait.
Que si j'étais placé devant cette effigie - Inconnu de moi-même, ignorant de mes traits, - A tant de plis affreux d'angoisse et d'énergie - Je lirais mes tourments et me reconnaîtrais.
Qui es-tu ? Je suis ce que je puis.
Purgez la terre des vaniteux, des niais, des faibles de coeur et d'esprit; exterminez les crédules, les timides, les âmes qui font nombre; supprimez les hypocrites; détruisez les brutaux, et toute société devient impossible.
Les hommes sont forcés de se haïr pour se dévorer, et c'est un grand désavantage qu'ils ont là par rapport aux animaux, lesquels s'entre-mangent avec fureur, mais sans haine.
Ce ne sont pas du tout les «méchants» qui font le plus de mal en ce monde. Ce sont les maladroits, les négligents et les crédules.
L'orgueil est le sentiment d'être nés pour quelque chose que seuls nous pouvons concevoir, et cette chose plus grande et plus importante que tout autre.
Je vois de ma fenêtre au centre de ma vue un homme qui pioche son champ. Il avance pas à pas dans sa tâche, courbé, planté par ses deux jambes en terre.
Le vrai «snob» est celui qui craint d'avouer qu'il s'ennuie quand il s'ennuie; et qu'il s'amuse quand il s'amuse.
Dans toute carrière publique, une fois que l'on a construit son personnage, et que le bruit qu'il fait revient à son auteur et lui enseigne qui il paraît - celui-ci joue son personnage - ou plutôt son personnage le joue, et ne le lâche plus.