T'apercevrais-tu que tu es heureux, si ton bonheur durait plus d'une heure ?
Œuvre
Livre d'amour suivi de Premiers vers (1959)
8 citations · Charles Messager, dit Charles Vildrac · sur Dicocitations ↗
Si l’on gardait, depuis des temps, des temps, - \r\nSi l’on gardait, souples et odorants, - \r\nTous les cheveux des femmes qui sont mortes, - \r\nTous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs, - \r\nCrinières de nuit, toisons de safran, - \r\nEt les cheveux couleur de feuilles mortes, - \r\nSi on les gardait depuis bien longtemps, - \r\nNoués bout à bout pour tisser les voiles - \r\nQui vont à la mer, - \r\nIl y aurait tant et tant sur la mer, - \r\nTant de cheveux roux, tant de cheveux clairs, - \r\nEt tant de cheveux de nuit sans étoiles, - \r\nIl y aurait tant de soyeuses voiles - \r\nLuisant au soleil, bombant sous le vent - \r\nQue les oiseaux gris qui vont sur la mer, - \r\nQue ces grands oiseaux sentiraient souvent - \r\nSe poser sur eux, - \r\nLes baisers partis de tous ces cheveux, - \r\nBaisers qu’on sema sur tous ces cheveux, - \r\nEt puis en allés parmi le grand vent...
Si l’on gardait, depuis des temps, des temps, - \r\nSi l’on gardait, souples et odorants, - \r\nTous les cheveux des femmes qui sont mortes, - \r\nTous les cheveux blonds, tous les cheveux blancs, - \r\nCrinières de nuit, toisons de safran, - \r\nEt les cheveux couleur de feuilles mortes, - \r\nSi on les gardait depuis bien longtemps, - \r\nNoués bout à bout pour tisser les voiles - \r\nQui vont à la mer, - \r\nIl y aurait tant et tant sur la mer, - \r\nTant de cheveux roux, tant de cheveux clairs, - \r\nEt tant de cheveux de nuit sans étoiles, - \r\nIl y aurait tant de soyeuses voiles - \r\nLuisant au soleil, bombant sous le vent - \r\nQue les oiseaux gris qui vont sur la mer, - \r\nQue ces grands oiseaux sentiraient souvent - \r\nSe poser sur eux, - \r\nLes baisers partis de tous ces cheveux, - \r\nBaisers qu’on sema sur tous ces cheveux, - \r\nEt puis en allés parmi le grand vent...
Sans espoir de rien, voguer la vie, - \r\nCela vaut la peine tout de même, - \r\nA cause d'instants ensoleillés - \r\nQu'il faut vraiment bien sentir passer.\r\n - \r\nT'apercevrais-tu que tu es heureux - \r\nSi ton bonheur durait plus d'une heure.
L'oeuvre d'un poète est liée intimement à sa vie : la joie ou la douleur de ses livres, ce sont les siennes particulièrement, mais exaltées et généralisées, jusqu'à devenir la joie et la douleur humaines.
La beauté des femmes, - \r\nElle n'était pas parfaite et triomphale, - \r\nCe n'était pas celle des anges et des fleurs. - \r\n\r\nOh ! non, leur beauté n'était pas - <\r\nCelle impassible des fées - \r\nNon plus celle opulente des déesses, - \r\nMais c'étaient des beautés de femmes...
Sans espoir de rien, voguer la vie - \r\nCela vaut la peine tout de même, - \r\nA cause d'instincts ensoleillés - \r\nQu'il fait vraiment bon sentir passer.
Nous sommes tous des livres qu'on n'a jamais lus.