Œuvre

Lettre, à Gisèle d'Estoc, janvier 1881

Je range l'amour parmi les religions, et les religions parmi les plus grandes bêtises où soit tombée l'humanité.
J'admire éperdument Schopenhauer et sa théorie de l'amour me semble la seule acceptable. La nature qui veut des êtres, a mis l'appât du sentiment autour du piège de la reproduction.
J'aime la chair des femmes, du même amour que j'aime l'herbe, les rivières, la mer.
Toute réunion d'hommes m'est odieuse. Un bal me donne de la tristesse pour huit jours. Je n'ai jamais vu une course de chevaux, ni même une revue, ni une Fête Nationale. J'ai horreur de tout ce qui est fade, timoré, inexpressif.
Je vous répète que je suis un faune. De là vient peut-être l'exaspération où me jette la société, les réunions du monde, la médiocrité des conversations, la laideur des costumes, la fausseté des attitudes.
Il faut voir parler la bouche pour savoir ce que pense la tête.
Les sentiments sont des rêves dont les sensations sont les réalités.