Œuvre

Les Rayons et les Ombres (1840), Oceano Nox

O combien de marins, combien de capitaines - Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, - Dans ce morne horizon se sont évanouis! - Combien ont disparu, dure et triste fortune! - Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune...
O flots que vous savez de lugubres histoires! - Flots profonds redoutés des mères à genoux! - Vous vous les racontez en montant les marées, - Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées - Que vous avez le soir quand vous venez chez nous.
Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires?
O flots, que vous savez de lugubres histoires ! - Flots profonds, redoutés des mères à genoux !
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire. - Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, - Sur le sombre océan jette le sombre oubli.
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune, - Sous l'aveugle océan à jamais enfouis! - Combien de patrons morts avec leurs équipages!