Œuvre

Les plaisirs de la mélancolie

Les hommes qui se disent couverts d'amis me font peur, je crains toujours qu'ils ne veuillent ajouter mon nom à leur liste.
Ce qu'il peut être enivrant de se sentir étranger au monde! On a toujours l'impression d'être en voyage.
... on ne peut réduire les autres à l'ordinaire que si, fort de sa propre médiocrité, on se juge supérieur.
En présence d'un être, on dirait que ce ne sont pas tellement les paroles qui comptent, mais leur musique. Et que dire de la beauté des gestes, du mouvement des yeux et des lèvres? Il y a comme une fascination qui met un voile entre vous et l'autre.
... je sais qu'il y a des vérités qui ne sont que littéraires.
... il faut tout faire pour conjurer l'intolérance, même des romans.
Si je me mettais à croire à quelque chose - ce que je ne souhaite pas -, c'est à l'anarchie que je croirais.
Seigneur, donnez-nous le courage de vivre comme si nous croyions à l'enthousiasme; donnez-nous la grâce de vivre notre néant dans des élans de création libératrice. Puissions-nous nous aveugler jusqu'au tourbillon final!
S'habituer à suivre sa voie sans prêter trop attention à ce qui se déroule autour de soi. Ne pas craindre d'être nombriliste. Peut-être est-ce de cette façon qu'on peut le moins heurter les autres.
Quand on me pose la question: «M'aimes-tu?» je me sens coupable. Je m'en veux de ce reproche qu'on me fait. Et du coup, je n'aime plus. Pour quelques instants.
Je ne suis pas de ceux qui croient que la jeunesse a toujours raison. ... Je croirais plutôt que la jeunesse est ferveur et que toute la vie n'est qu'une lutte pour que subsiste en soi la plus grande part possible de cette ferveur. Autrement, c'est la mort.
Tout ce qui ressemble à une évasion hors de soi me paraît détestable.
L'amour même n'est que l'approfondissement de son être par l'autre.