Œuvre
Les Fleurs du Mal (1857), le Voyage
Amer savoir, celui qu'on tire du voyage!
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent - Pour partir; coeurs légers, semblables aux ballons, - De leur fatalité jamais ils ne s'écartent, - Et, sans savoir pourquoi, disent toujours: Allons.
O mort, vieux capitaine, il est temps! levons l'ancre. - Ce pays nous ennuie, ô mort! Appareillons! - Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre, - Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons!
Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes, - L'univers est égal à son vaste appétit. - Ah! que le monde est grand à la clarté des lampes! - Aux yeux du souvenir que le monde est petit!