Œuvre

Les désorientés (2012)

Le bonheur paisible émousse les passions et engourdit l'imagination.
Bullshit! A peuple heureux pas d'histoire, et à couple heureux pas de littérature.
Dans une société comme la nôtre, la honte est un instrument de la tyrannie. La culpabilité et la honte, c'est ce que les religions ont inventé pour nous tenir en laisse! Et pour nous empêcher de vivre!
Si les hommes et les femmes pouvaient parler ouvertement de leurs relations, de leurs sentiments, de leurs corps, l'humanité entière serait plus épanouie, plus créatrice. Je suis sûr que ça arrivera un jour!
Le pays où tu peux vivre la tête haute, tu lui dois tout, tu lui sacrifiés tout, même ta propre vie; celui où tu dois vivre la tête basse, tu ne lui donnes rien. Qu'il s'agisse de ton pays d'accueil ou de ton pays d'origine.
La magnanimité appelle la magnanimité, l'indifférence appelle l'indifférence, et le mépris appelle le mépris. Telle est la charte des êtres libres et, pour ma part, je n'en reconnais aucune autre.
Le combat d'homme à homme implique un certain degré d'estime mutuelle, même à l'heure de donner la mort; à l'inverse, dans une exécution, on tue et on humilie à la fois.
La vieille sagesse levantine dit que si un homme qui te rend service n'accepte pas ton argent, c'est qu'il espère rentrer dans ses frais d'une autre manière.
On parle souvent de l'enchantement des livres. On ne dit pas assez qu'il est double. Il y a l'enchantement, et il y a celui d'en parler.
Mieux vaut se tromper dans l'espoir qu'avoir raison dans le désespoir.
Quand les gens refusent de s'intégrer, c'est aussi parce que la société où ils vivent est incapable de les intégrer. A cause de leur nom, de leur religion, de leur allure, de leur accent.
La seule chose importante, pour moi comme pour tous les humains, c'est d'être venu au monde. Au monde ! Naître, c'est venir au monde, pas dans tel ou tel pays, pas dans telle ou telle maison.
Rien ne remplace la chaleur d'une bande d'amis. Rien, ni le travail, ni l'argent, ni la vie familiale.
Rien ne remplace ces moments où des amis se retrouvent, partagent leurs idées, leurs rêves, leurs repas !
Un ami te déçoit ? Il cesse d'être ton ami. Le pays te déçoit ? Il cesse d'être ton pays. Et comme tu as la déception facile, tu finiras par te retrouver sans amis, sans patrie.
Visiter les lieux de son enfance, c'est une pratique masochiste. On cherche à être déçu et, pas de surprise, on l'est.
Au nom du progrès, de la justice, de la liberté, de la nation, ou de la religion, on ne cesse de nous embarquer dans des aventures qui se terminent en naufrages.
Ceux qui appellent à la révolution devraient démontrer à l'avance que la société qu'ils vont établir sera plus libre, plus juste, et moins corrompue que celle qui existe déjà.
Tout homme a le droit de partir, c'est son pays qui doit le persuader de rester - quoi qu'en disent les politiques grandiloquents.
Notre relation était comme cette danse endiablée où l'on s'écarte violemment l'un de l'autre, puis l'on revient tout aussi violemment s'écraser l'un contre l'autre, avant de s'écarter à nouveau. Mais à aucun moment on ne se lâche la main.
Si les hommes et les femmes pouvaient parler ouvertement de leurs relations, de leurs sentiments, de leurs corps, l'humanité entière serait plus épanouie, plus créatrice.
Ce serait simple si, sur les chemins de la vie, on devait juste choisir entre la trahison et la fidélité. Bien souvent on se trouve contraint de choisir plutôt entre deux fidélités inconciliables ; ou, ce qui revient au même, entre deux trahisons.
Les principes sont des attaches, des amarres ; quand on les rompt, on se libère, mais à la manière d'un gros ballon rempli d'hélium, et qui monte, monte, monte, donnant l'impression de s'élever vers le ciel, alors qu'il s'élève vers le néant.
Comment cesser d'être un agneau sans devenir un loup ?
Un ami de jeunesse, c'est un frère adoptif. Tu peux regretter de l'avoir adopté, mais tu ne peux plus le désadopter.