Œuvre

Les Ailes du sphinx (2010)

L'amour entre Livia et lui avait ressemblé comme deux gouttes d'eau au vol du sphinx. Au début, et pendant bien des années, droit, sûr, ciblé, déterminé, il avait survolé l'océan tout entier. Puis à un certain moment ce superbe vol, en ligne droite s'était poursuivi en lignes brisées.
Dans le parking, le commissaire s'atrouva à côté d'une Ferrari. À qui appartenait-elle ? Certainement à un crétin, quoique pût être le nom du propriétaire inscrit sur la carte grise. Parce qu'y pouvait y avoir qu'un crétin pour se promener au pays dans une voiture pareille. Et y'avait aussi une deuxième catégorie d'imbéciles, parents très proches des crétins à Ferrari, c'était celle des gens qui, pour aller faire leur marché, se prenaient leur tout-terrain à quatre roues motrices, avec quatorze phares grands et petits, boussole et essuie-glaces spéciaux anti-tempête de sable.
Depuis que la télévision était rentrée dans les maisons, tout le monde s'était habitué à manger du pain avec des cadavres. De midi à une heure et de sept à huit et demie le soir, c'est à dire pendant qu'on était à table, il n'y avait pas de chaîne qui ne transmît d'images de corps déchiquetés,écrasés, brûlés, en guenilles, martyrisés, d'hommes, de femmes, de vieux, de minots tués avec imagination et génie quelque part dans le monde.