De ma maison de campagne isolée, j'ai vu le président Kennedy s'effondrer à Dallas, dans son automobile, à la seconde même où il était frappé. - Quand nos égoïsmes nous empêchent de nous sentir concernés, ils ne peuvent faire que nous ne soyons informés.
Les biologistes ne peuvent pas ne pas redouter et dénoncer les scléroses: la vie se retire de tout ce qui perd sa naturelle souplesse. Mais ils ne peuvent pas non plus ne pas redouter le désordre qui dans leur domaine signifie la mort.
Nos vies dépendent toutes des ressources de la biosphère, qu'on ne peut découper en tranches.
Si le lac de Genève devient un cloaque, le Rhône deviendra un égout et les habitants de Vienne n'en souffriront pas moins que ceux de Lausanne.
Le monde est devenu un, et nos esprits accoutumés aux cloisonnements ne s'en rendent pas compte.
Pourquoi cette Europe, qui a conquis les cinq parties du monde, a-t-elle honte de les avoir colonisées? Nous nous reprochons d'avoir bâti Casablanca, alors que les Romains étaient tout fiers d'avoir détruit Carthage.
Si notre monde n'est pas un pour le bien, il l'est sans conteste pour le mal.
L'écologie tend à combler le fossé que l'industrie a creusé entre l'homme et les animaux.
Susceptible d'élevage, comme les autres espèces, l'humanité y répugne parce qu'elle révoque toujours en doute ses valeurs et ses fins.
Le patriotisme, l'amour simple du citoyen pour l'air natal, les lieux où il a grandi sont, à mon estime, en recul depuis Michelet.