Œuvre

Le Temps immobile

On m'ouvrit une porte: les cabinets d'aisance, eux, étaient demeurés intacts, avec leur boiserie surannée.
Le métro aérien de New York ressemble ... à une anticipation du XXe siècle imaginée au XIXe.
Le courant large et rapide charriait de l'écume, des bourriers, des fagots et des débris de toute sorte de choses.
Cependant, Jean Paulhan, flanqué de sa muse énigmatique, Dominique Aury, laissait venir à lui les hommages de jeunes catéchumènes.
Parfois, un infime instant, j'ai une impression fulgurante de présence et, au même moment d'immédiate absence, de combustion du temps, d'anéantissement.
Moi qui croyais n'avoir rien laissé au hasard dans ce texte on ne peut plus concerté, monté avec une minutie horlogère.
Nous détestons l'un et l'autre les gens qui «expliquent le coup». Nous savons tout de suite de quoi il s'agit, comprenons, et coupons court.
En pénétrant sous la Coupole, bondée, murmurante, j'ai l'impression, vite dissipée, d'entrer dans un cirque.
La mort l'obsède, il ne pense qu'à elle, lorsque ne l'agace pas tel déni, tel oubli des jeunes générations littéraires.
Tout ce que j'ai écrit ici me paraît désaccordé. Et je ne sais ce qui sonne le plus faux, de ma vie ou de ce Journal.
A l'égard de mon père, non pas de la désaffection, mais un infranchissable mur d'indifférence.
Bertrand Gay-Lussac, écharde dans ma chair (j'en ai physiquement encore souffert hier), pointe sensible sur le disque de la vie.