Œuvre
Le Ravissement de Britney Spears (2011)
De nuit, ce décor invite au crime avec une telle insistance qu'il ne viendrait à personne l'idée de s'y aventurer sans nécessité.
Beaucoup de nos agents sont morts décapités, accidentellement ou non, par des ventilateurs plafonniers.
J'ai toujours eu un faible pour tout ce qui assure un service continu, tout ce qui préserve au cœur de la nuit une forme quelconque de vie, qu'il s'agisse d'un bar ou d'une chapelle consacrée à l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, même si j'ai fréquenté les premiers, il faut en convenir, plus assidûment que les secondes.
À quiconque mettrait en doute a priori la vraisemblance des menaces d'enlèvement ou d'assassinat pesant sur la chanteuse, j'objecterai qu'il n'est guère plus absurde - et plutôt plus facile - de s'en prendre à Britney Spears qu'aux tours du World Trade Center, et que la valeur symbolique de la première, aux yeux du public américain, et à peine moindre que celle des secondes.
Comme tout ce qui s'apparente à la chasse, le métier de paparazzi comporte de rares moments d'excitation, ceux de l'approche et du tir, enchâssés dans des périodes d'inaction que l'on dirait infinies, d'autant plus éprouvantes qu'aussi longtemps qu'elles se prolongent, et ce peut être pendant des journées ou des nuits entières, l'attention du chasseur ne doit jamais se relâcher, faute de quoi le court instant où le gibier se dévoile risquerait de lui échapper.
Qui lit la presse people ou regarde les émissions de téléréalité ? fulminait-il, les femmes! Et pourquoi ? Parce qu'elles se détestent entre elles, et qu'elles n'aiment rien tant que de voir souffrir d'autres femmes !