Œuvre
Le Président (1961) d'Henri Verneuil
Il faut prendre la démocratie comme elle est, cette démocratie dont un grand homme politique a dit qu'elle était le pire des régimes, à l'exception bien entendu de tous les autres.
Je peux moi aussi faire voter les morts. Le procédé est assez méprisable croyez-moi.
Mais en écoutant M. Chalamont, je viens de m'apercevoir que le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs, on lui fait dire ce que l'on veut. Les chiffres parlent, mais ne crient jamais.
Or je comprends très bien que le passif de ces entreprises n'effraie pas une assemblée où les partis ne sont plus que des syndicats d'intérêts.
La Politique, messieurs, devrait être une vocation. Je suis sûr qu'elle l'est pour certain d'entre vous. Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier.
Dites-vous bien Millerand, que lorsqu'un mauvais coup se mijote, il y a toujours une république à sauver. Et dans chaque cambrioleur, il y a souvent un préfet de police qui sommeille.
A mon age on vit en veilleuse, on peut toujours marcher, manger, haïr, mais à condition de faire tout ça doucement.
Pour des raisons particulières je vous ai longtemps pris pour un salaud et je constate avec plaisir que là aussi j'avais quinze ans d'avance.
Un homme pas plus mal qu'un autre... Quand on a cette ambition-là on ouvre un bazar, on ne gouverne pas une nation.
Il faudra en prendre votre parti, je mourrai avec insolence, et sans vous prévenir.
Tout antisémite a son Juif. Tout anticlérical peut bien avoir son curé, pas vrai?