Œuvre
Le Médecin de campagne (1833)
Le bien obscurément fait ne tente personne.
Si nous saluons avec respect l'homme qui a versé son sang sur un champ de bataille, nous nous moquons de celui qui use lentement le feu de sa vie à dire les mêmes paroles à des enfants du même âge.
La vertu, le génie, me semblent les deux plus belles formes de ce complet et constant dévouement que Jésus-Christ est venu apprendre aux hommes.
Le génie reste pauvre en éclairant le monde, la vertu garde le silence en se sacrifiant pour le bien général.
La base des sociétés humaines sera toujours la famille. Là commence l'action du pouvoir et de la loi, là du moins doit s'apprendre l'obéissance.
Les nations, de même que les individus, ne doivent leur énergie qu'à de grands sentiments. Les sentiments d'un peuple sont ses croyances.
La mort est un malheur prévu, les peines de la vie sont infinies. L'infini n'est-il pas le secret des grandes mélancolies?
Nous sommes habitués à juger les autres d'après nous, et si nous les absolvons complaisamment de nos défauts, nous les condamnons sévèrement de ne pas avoir nos qualités.
Oui , croyez-moi , monsieur, ceux qui ont sondé le plus avant les vices et les vertus de la nature humaine sont des gens qui l'ont étudiée en eux-mêmes avec bonne foi. Notre conscience est le point de départ : nous allons de nous aux hommes , jamais des hommes à nous.
L'homme qui détruit et l'homme qui construit sont deux phénomènes de volonté: l'un prépare, l'autre achève son oeuvre; le premier apparaît comme le génie du mal, et le second semble être le génie du bien; à l'un la gloire, à l'autre l'oubli.
Le mal possède une voix éclatante qui réveille les âmes vulgaires et les remplit d'admiration, tandis que le bien est muet.
La vie des oisifs est la seule qui coûte cher, peut-être même est-ce un vol social que de consommer sans rien produire.
Le sot n'est-il pas celui qui ne justifie pas la bonne opinion qu'il prend de lui-même ?
Ainsi, pour lui apprendre l'anglais, l'allemand, l'italien et l'espagnol, je mis successivement autour de lui des gens de ces divers pays, chargés de lui faire contracter, dès son enfance, la prononciation de leur langue.