Œuvre
Le Jardin d'Hyacinthe (1945)
La buée qui sortait de sa bouche peu à peu effaçait sa figure bonasse, en se déposant sur la vitre. Et alors, de sa grosse main, il essuyait cette vapeur sur le carreau, pour continuer à me regarder.
Quand il se trouvent ensemble dans la chambre, ils ne se parlent pas. Avant d'entrer, ils chuchotent parfois derrière la porte.
Depuis huit jours il court les bois et les collines, pour la cueillette de ses plantes. Ce soir, il est rentré, chargé d'herbes, de fleurs.
Un curé y vieillit aussi qu'on a oublié là vers la fin de sa vie, y élève des abeilles. Il s'appelle l'abbé Vergélian. C'est un bon prêtre; mais il a peu de paroissiens à sa messe du dimanche.
Or, cette nuit étincelait. Une immense pluie sidérale criblait d'astres brillants le ciel profond de février.
Au fond, sous un hangar, il y avait l'enclume, la forge, le grand soufflet noir.
Mon foyer ... ne brûlait pas tout bonnement, comme les autres, pour satisfaire par quelque cuisine aux besoins de mon corps. Il était aussi le feu saint, sur lequel ... mijote le repas du voyageur.
Je regardais, par contenance, le marbre de la table. Un vieux marbre roux, onctueux, où les sirops et les liqueurs avaient lentement pénétré, et que veinaient de grandes branches minérales.