Œuvre
Le Goût de l'éternel (1990)
Les yeux ne vieillissent pas, l'alentour prend des rides mais le regard sera le même jusqu'à la mort.
Un ami a quelquefois une bonne idée, que votre malheur vous cachait.
L'art est l'éclair fourchu qui brise la nuit et montre par la fente ce qui est ensemble, insupportablement relié par le trait de feu, mortel.
Pour que rien soit vraiment rien, il faut soi-même n'être rien.
Les yeux ne vieillissent pas, l'alentour prend des rides mais le regard sera le même jusqu'à la mort...
Il distingue ses yeux, il lui semble voir ses lèvres, ses mâchoires qui bougent comme avant de parler, mâchant les mots qui empêchent de parler.
La bouche est un peu triste, le visage n'est pas usé, mais comme qui dirait... abusé. Voilà: nuance
L'instant de l'extrême fatigue, de l'extrême conscience, de l'extrême raison, veut l'immobilité totale, la non-défense, n'importe comment tu tombes, sur le ventre ou sur le dos.
Herbart ne mordra plus dans le bout du pain long; il a la bouche pleine de la terre de Cabris, il a mangé son éternité, il a le goût de l'éternité, la terre dans la bouche ouverte.
Il faut qu'il se dépouille, et soit aidé, pas par les hommes, par le silence, par des choses qui murmurent, et qu'est-ce que ce sera ?