Auteur

Henri Thomas

Ce foyer d'impossibles, un écrivain.
Entre Rimbaud et n'importe quel pastiche de Rimbaud, il y a une différence.
Est en dessous du sujet toute critique qui ne participe pas de la poésie même.
On n'enseigne pas plus à admirer qu'à s'étonner.
La crainte de souffrir et de faire souffrir ... me plongeait dans une sorte d'état aboulique.
En travaillant, on ne pense plus à l'âge qu'on a ..., mais cela ne préjuge pas de la qualité du travail. Le travail qui fait oublier l'âge et les maux peut très bien n'être que bousillage.
Le temps sépare les amis, écarte les uns des autres les ennemis, comme un coin qui entre dans un bloc, peu à peu, sous les coups d'un puissant marteau.
Je n'ai jamais rien deviné, pas davantage ce qui menace, que ce qui est favorable. Peut-être même n'ai-je jamais rien compris dans les situations de la vie.
Je suis quelqu'un à qui il arrive quelque chose qu'il ne comprend pas. C'est le cas de tout le monde quand les gens meurent, et bien souvent dans la vie. C'est le cas de tout le monde, et personne ne le dit, comme si personne ne le savait.
Il y a bien autre chose que l'intérêt pour nous obliger.
Les yeux ne vieillissent pas, l'alentour prend des rides mais le regard sera le même jusqu'à la mort.
Un ami a quelquefois une bonne idée, que votre malheur vous cachait.
L'art est l'éclair fourchu qui brise la nuit et montre par la fente ce qui est ensemble, insupportablement relié par le trait de feu, mortel.
Pour que rien soit vraiment rien, il faut soi-même n'être rien.
Les yeux ne vieillissent pas, l'alentour prend des rides mais le regard sera le même jusqu'à la mort...
Il distingue ses yeux, il lui semble voir ses lèvres, ses mâchoires qui bougent comme avant de parler, mâchant les mots qui empêchent de parler.
La bouche est un peu triste, le visage n'est pas usé, mais comme qui dirait... abusé. Voilà: nuance
L'instant de l'extrême fatigue, de l'extrême conscience, de l'extrême raison, veut l'immobilité totale, la non-défense, n'importe comment tu tombes, sur le ventre ou sur le dos.
Herbart ne mordra plus dans le bout du pain long; il a la bouche pleine de la terre de Cabris, il a mangé son éternité, il a le goût de l'éternité, la terre dans la bouche ouverte.
Il faut qu'il se dépouille, et soit aidé, pas par les hommes, par le silence, par des choses qui murmurent, et qu'est-ce que ce sera ?
Il n'avait pas d'argent, même pas cent sous pour payer son entrée à lui.
Avant-hier, quand il faisait si beau soleil, une querelle de goélands a eu lieu au-dessus de nous. L'un d'eux vole obliquement vers l'autre et lui flanque un coup de bec.
Ils ne se sentent pas disparaître, eux. Moi, c'est comme si je voyais de temps en temps tout dans une glace, une glace piquée, fêlée, craquée, mais je vois quand même bien que tout se brouille et fiche le camp et ce n'est pas la faute de la glace.
Celui qui est aveugle pour tous les détails auxquels les mots correspondent si bien, il ressent ce qui vient de plus loin, ce qui est arrivé et qui continue toujours à arriver.
Il y a cinq ans encore, aux moments où je me sentais mal fichu, je pouvais dire «je suis malade à crever» sans en croire un mot. A présent, je ne dirais plus cela, même si j'étais vraiment malade.

Œuvres de Henri Thomas

La Chasse aux trésorsLa Défeuillée (1994)La Joie de cette vie (1991)Le Cinéma dans la grange (1991)Le Goût de l'éternel (1990)Le MigrateurLe Promontoire (1961)Les Heures lentes (2004)