Œuvre

Le dernier jour de la Création (1935)

L'arrière-saison apporte à l'homme les élans de sa jeunesse, mais sans leur innocence.
Ils s'expliquaient indéfiniment l'un à l'autre, ou plutôt ils essayaient de se définir, c'est-à-dire de ressembler à l'image qu'ils tracaient d'eux-mêmes.
Ce sont les mets les plus savoureux qui excitent le dégoût des mauvais estomacs.
Elle était dans sa pensée comme une écharde dans le doigt, d'autant plus douloureuse qu'on la voit à peine.
Au dehors, s'étendait la mer légère des colzas sur lesquels le mois de mai mettait sa poussière d'or.
Vivre, répéta-t-il, je crois que c'est avoir le sentiment absolu, que l'on possède enfin quelque chose ou quelqu'un, et qu'on le possède pour toujours.
Il avait l'affolement du joueur qui perd chaque partie et qui voit arriver avec effroi l'heure de la dernière.