Œuvre

La Vénus à la fourrure (1985)

La nature ne connaît pas la stabilité dans les relations entre homme et femme.
L'esthétique nihiliste a bien raison : une pomme réelle est plus belle qu'une pomme peinte, et un corps vivant qu'une Vénus de pierre.
On ne peut aimer véritablement que ce qui vous domine, une femme qui nous soumet par sa beauté, son tempérament, son esprit et sa volonté, une femme qui agisse en despote envers nous.
Chacun sait, chacun sent combien la volupté et la cruauté sont parentes.
Celui qui veut s'adonner au plaisir doit prendre la vie joyeusement, à la manière des Anciens. Il ne faut pas qu'il craigne de se régaler aux dépends des autres. Il doit ignorer la pitié.
Il me semble que je suis une petite souris prisonnière d'un beau chat qui joue délicatement avec elle, prêt à chaque instant à la déchirer. Mon coeur de souris bat à tout rompre. Quels sont ses projets, que veut-elle faire de moi ?
Les martyrs étaient des êtres suprasensuels qui trouvaient un plaisir certain dans la douleur et qui recherchaient d'horribles tourments, jusqu'à la mort même, comme d'autres recherchent la joie.
Je voyais dans la sensualité quelque chose de sacré, et, dans la femme et sa beauté, quelque chose de divin, puisqu'elle est appelée avant tout à poursuivre la mission la plus importante de l'être, c'est-à-dire la continuation de l'espèce.
Une gifle est bien plus importante que dix leçons, on comprend beaucoup plus vite, surtout lorsque c'est une petite main potelée de femme qui vous fait la leçon.