Œuvre

La Part de l'autre (2001)

Tel est le cercle vicieux des égocentriques: leur ego demande tant qu'ils finissent par avoir besoin d'autrui. Ce doit être épuisant. Il vaut mieux n'être qu'un simple égoïste.
L'amitié suppose qu'on s'aime pour ce qu'on a de différent non pour ce qu'on a de commun.
En amour, on appelle ça un étalon, en politique un démagogue. Le secret de la réussite c'est de ne penser qu'à la jouissance de l'autre.
Qu'est-ce qu'un homme ? reprit le père. Un homme est fait de choix et de circonstances. Personne n'a de pouvoir sur les circonstances, mais chacun en a sur ses choix.
Vous appelez divin tout ce qui réussit et humain tout ce qui rate.
Notre passé n'a que le poids que nous lui laissons; la réflexion, le travail nous permettent de l'alléger.
Les snobs, ce sont des paresseux qui ne savent ni penser ni juger par eux-mêmes. Pour occuper les snobs, on a inventé la mode, le dernier cri, la nouveauté.
Tout le monde se trompe, le génie comme le demeuré, et ce n'est pas l'erreur qui est dangereuse, mais le fanatisme de celui qui croit qu'il ne se trompe pas.
Je ne sais pas où l'on va mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'on y va !
Le valet parti, Hitler se déshabilla et, malgré lui, se surprit nu dans la glace. Il se sourit. Voilà devant quoi le monde tremblait ! C'était grotesque ! Le monde entier était grotesque !
Ce n'est pas tout le savoir-faire. Encore faut-il le faire savoir.
Il venait de découvrir que certaines joies - sans doute les plus essentielles - ne peuvent être partagées, ni même racontées elles nous constituent au même titre que nos yeux ou notre colonne vertébrale elles font de nous ce que nous sommes.
Lorsqu'il la courtisait, il avait l'impression d'étaler un bon beurre des Alpes sur une tranche de pain d'épice, ça se faisait tout seul.
Je ne suis pas juif, je ne suis pas allemand, je ne suis pas japonais et je suis né plus tard mais Auschwitz, le destin de Berlin et le feu d'Hiroshima font désormais partie de ma vie.
Un idiot qui doute est moins dangereux qu'un imbécile qui sait.
Il avait décidé d'apprendre la patience. Y a-t-il effort plus violent pour un impatient que de s'astreindre à la patience ?
Tout était cérémonie, rituel, formalité. Hitler s'était coupé du moindre contact humain. Il régnait. Il dominait. Il n'en était pas heureux, il en était satisfait car le monde avait été conçu pour fonctionner ainsi avec lui comme centre.
Je m'étais demandé, il y a quelques jours, si je ne devais pas détruire Paris. J'ai renoncé à cette idée. C'est en faisant Berlin plus beau que nous allons réellement anéantir Paris.
Maintenant, sa volonté est vaincue, elle lui appartient, il est son maître, il fait d'elle ce qu'il veut. Il est son présent, son avenir car il est déjà son meilleur souvenir.
Hitler sourit et, dans ce sourire, il y avait toute la condescendance de la divinité qui redescend au niveau des hommes pour leur signifier avec une tristesse lassée : « Non, je ne vous en veux pas de n'être que ce que vous êtes, je vous pardonne. »
Le problème de l'homme c'est qu'il s'habitue à tout... on appelle même ça l'intelligence.
Hitler ne détestait pas du tout ses journées au chantier. Au contraire, il avait l'impression que ce n'était pas lui qui mêlait l'eau au ciment, il se sentait presque en vacances, il était comme débarrassé de lui-même.
Celui qui a la foi dans son coeur possède la plus grande force du monde.