Œuvre

La Montagne magique (1924)

Une petite aiguille mesure notre temps. Elle trottine comme si elle mesurait les secondes alors qu'elle indique Dieu sait quoi chaque fois que, froidement et sans arrêt, elle franchit son point culminant.
On ne veut jamais que son destin.
L'habitude est une somnolence, ou tout au moins un affaiblissement de la conscience du temps.
Est vrai ce qui convient à l'homme. En lui, toute la nature est concentrée, lui seul a été créé dans toute la nature, et toute la nature n'est faite que pour lui. Il est la mesure des choses, et son salut est le critère de la vérité.
Rien n'est plus douloureux que lorsque la partie animale, organique de nous-même, nous empêche de servir la raison.
Car lorsque les yeux parlent, ils tutoient, lors même que les lèvres n'ont pas encore prononcé un vous.
Il y a deux routes qui mènent à la vie. L'une est la route ordinaire, directe et honnête. L'autre est dangereuse, elle prend le chemin de la mort, et c'est la route géniale.
On dit que l'attente est toujours longue. Mais elle est aussi bien ou même plus exactement courte, parce qu'elle dévore des quantités de temps, sans qu'on les vive, ni les utilise pour elles-mêmes.
Bien écrire, c'est déjà presque bien penser, et il n'y a pas loin de là jusqu'à bien agir.
Toute civilisation et tout perfectionnement moral sont issus de l'esprit de la littérature, qui est l'âme de la dignité humaine et qui est identique à l'esprit de la politique.
Cette paix consistait, lorsqu'on l'obtenait, en un émoussement complet de la vie personnelle, elle vous réduisait à n'être plus qu'un simple instrument c'était la paix du cimetière.