Œuvre
La Fin de l'homme rouge (2013)
Un communiste, c'est quelqu'un qui a lu Marx, et un anti-communiste, c'est quelqu'un qui l'a compris.
Le passé, pour les uns, c’est une malle remplie de chair humaine et un tonneau plein de sang, et pour les autres, une grande époque…
Quand on dort tout seul, même une couverture, ça vous réchauffe pas. Même le paradis, ça vous flanque le bourdon quand on est tout seul.
Nous avons passé toute notre histoire à survivre, et non à vivre.
Ce sont toujours les victimes qui restent pour témoigner. Les bourreaux, se taisent, ils s'évaporent dans la nature, ils sombrent dans un gouffre invisible. Ils n'ont pas de nom, pas de voix. Ils disparaissent sans laisser de trace. Nous ne savons rien d'eux.
D'après la théorie de Darwin, ceux qui survivent, ce ne sont pas les plus forts, mais ceux qui s'adaptent le mieux à leur environnement. Ce sont les médiocres qui s'en sortent et qui perpétuent la race.
Aujourd'hui, il est devenu indécent de demander à quelqu'un ce qu'il est en train de lire. Il y a trop de choses qui ont changé dans notre vie, et les livres n'en parlent pas. Les romans russes ne vous apprennent pas comment réussir dans la vie. Comment devenir riche.
Seul un soviétique peut comprendre un soviétique. Nous avions tous une seule et même mémoire communiste. Nous sommes des voisins de mémoire.
L'histoire ne s'intéresse qu'aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n'est pas l'usage de les laisser entrer dans l'histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d'une littéraire et non d'une historienne. Je suis étonnée par l'être humain...
Ma mère disait que le malheur est le meilleur des professeurs.
Le peuple ? Le peuple, ce qu'il attend, ce sont des choses simples. Des montagnes de pain d'épice. Et un tsar !
D'un côté, le pouvoir broyait les êtres humains, mais d'un autre côté, les gens ne se faisaient pas de cadeaux entre eux. Ils ne demandaient que ça
Nous avions un grand empire qui allait d'un océan à l'autre, du cercle polaire jusqu'aux tropiques. Où est-il passé ? Il a été vaincu sans bombe. Sans Hiroshima. Il a été vaincu par Sa Majesté le Saucisson ! C'est la bonne bouffe qui a gagné. Et les Mercedes... L'homme n'a pas besoin d'autre chose, il ne faut rien lui proposer de plus, ce n'est pas la peine.
Juste du pain et des jeux ! C'est ça la plus grande découverte du XXe siècle. La réponse à tous les grands humanistes. Et aux rêveurs du Kremlin. Mais nous, ma génération... Nous avions des projets grandioses. Nous rêvions de la révolution mondiale. Nous allions construire un monde nouveau, nous allions rendre tout le monde heureux. Nous avions l'impression que c'était possible, j'y croyais sincèrement !
Les gens ont commencé à croire en Dieu, puisqu'il y a pas d'autre espoir.
Tout ce qu'on a traversé, ça peut pas se mesurer avec un mètre ni se peser sur une balance.
Dans les écoles soviétiques, on nous enseignait que l'homme est foncièrement bon. Qu'il est magnifique. Aujourd'hui encore ma mère croit que ce sont les circonstances horribles qui nous rendent horribles. Mais que l'homme est bon. Mais ce n'est pas vrai...Non ce n'est pas vrai! Toute sa vie, l'homme est ballotté entre le bien et le mal.
Toute sa vie, l'homme est ballotté entre le bien et le mal.
La Russie changeait et se détestait d'être en train de changer.
Comme chacun sait, ce n'est pas en travaillant honnêtement qu'on gagne beaucoup d'argent.
D'un côté, le pouvoir broyait les êtres humains, mais d'un autre côté, les gens ne se faisaient pas de cadeaux entre eux. Ils ne demandaient que ça...
Chez nous les gens sont bons mais le peuple est mauvais.