Œuvre

La Femme de Paul

Ils s'abattirent, haletants, au pied d'un buisson ... et, avant d'avoir repris haleine, ils s'unirent.
L'orchestre composé de cinq artistes de banlieue jetait au loin sa musique de bastringue, maigre et sautillante.
La musique enragée, boitillante, courait sous les arbres, tantôt affaiblie, tantôt grossie dans un souffle passager de brise.
Des chevaux aux jambes grêles et tendues, au cou dressé, au mors neigeux d'écume.
Elle lui lança ce regard énigmatique, ce regard à perfidies qui apparaît si vite au fond de l'oeil de la femme.
Pareilles à des fleurs étranges, à des fleurs qui nageraient, les ombrelles de soie rouge, verte, bleue ou jaune des barreuses s'épanouissaient à l'arrière des canots.
Il regardait fixement, sur la berge en face, un pêcheur à la ligne immobile. Soudain le bonhomme enleva brusquement du fleuve un petit poisson d'argent qui frétillait au bout du fil.